florent chevallier - nouveaux médias, nouvelles formes d'information et mutations du journalisme

vigie

21 février 2010

[Vigie] “Le pari du webdocumentaire”

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Aujourd’hui sur LeMonde.fr Martine Delahaye retrace l’histoire de la société française de production de webdocus Narrative (il en a déjà été question ici), de sa création fin 2008 à son partenariat avec France Télévisions pour produire les Portraits d’un nouveau monde. On y apprend que Narrative fait passer l’interactivité au second plan, et que le […]

Aujourd’hui sur LeMonde.fr Martine Delahaye retrace l’histoire de la société française de production de webdocus Narrative (il en a déjà été question ici), de sa création fin 2008 à son partenariat avec France Télévisions pour produire les Portraits d’un nouveau monde.

  • On y apprend que Narrative fait passer l’interactivité au second plan, et que le but premier est de mettre les différents éléments audiovisuels “au service de la narration”.
  • Autre point d’intérêt : les auteurs de webdocumentaires estiment qu’il est difficile de capter l’attention de l’internaute sur une longueur supérieure à une minute trente.
  • Dernier point qui m’a marqué : la difficulté, selon les créateurs, à fidéliser l’internaute, et à instaurer de véritables rendez-vous —comme ils existent à la télé ou à la radio.

Ça se passe .

chronique de lecteurs

14 février 2010

Chronique de lecteurs : la chinoise et la censure

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L’envie de faire ces chronique diminue avec le temps (et avec l’augmentation des posts sur la ferme célébrités), mais parfois un sujet vaut un petit coup de gueule. Ce sujet aujourd’hui, est la censure dont l’œuvre d’une artiste chinoise, Ko Siu Lan (je recopie l’orthographe des médias). Si vous n’avez pas entendu parler de la […]

L’envie de faire ces chronique diminue avec le temps (et avec l’augmentation des posts sur la ferme célébrités), mais parfois un sujet vaut un petit coup de gueule.

Ce sujet aujourd’hui, est la censure dont l’œuvre d’une artiste chinoise, Ko Siu Lan (je recopie l’orthographe des médias). Si vous n’avez pas entendu parler de la polémique, @si vous offre une mise au point. En deux mots : son installation parodiant le slogan de campagne de Sarkozy (« Travailler plus… ») a été décroché de la façade de l’École des Beaux-Arts par son directeur. L’artiste s’estime victime d’une forme de censure et envisage les suites légales.

Eh bien la majorité des internautes que j’ai pu lire s’en indigne. Eh oui, une Chinoise qui se plaint de censure ? Qui plus est en France ? Mais pour qui se prend-elle ! Si elle n’est pas contente elle peut retourner chez elle. Est-ce que nous les Français irions critique Mao dans son pays ? Et j’en passe, et des meilleures.

J’avoue avoir été très surpris par ce genre de réaction auxquelles je ne m’attendais absolument pas. Et dans le fond, elles sont bien tristes.

journalis(t/m)eS,réflexions,vigie

12 février 2010

Le crowdfunding et ses limites

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Crowdfunding et personal branding sont à l’honneur dans Télérama qui s’interroge sur le financement des journalistes. Alors que le Figaro a triomphalement annoncé ses résultats en même temps que ceux de ses confrères il y a quelque jours, se félicitant d’un faible recul de sa diffusion dans un contexte général ‘moins pire’ que l’année précédente, […]

Crowdfunding et personal branding sont à l’honneur dans Télérama qui s’interroge sur le financement des journalistes. Alors que le Figaro a triomphalement annoncé ses résultats en même temps que ceux de ses confrères il y a quelque jours, se félicitant d’un faible recul de sa diffusion dans un contexte général ‘moins pire’ que l’année précédente, les journalistes sont de plus ne plus nombreux à innover pour tirer leur épingle du jeu. Mais les lecteurs, de leur côté, sont également en droit de se demander quelle information ils auront à leur disposition dans le futur. Sans conteste, ils auront là-dessus un meilleur contrôle, pour le meilleur et pour le pire.

L’article a interrogé plusieurs professionnels (Philippe Couve, Éric Scherer), et résume les initiatives marquantes de ces dernières années (Mashable, Arrêts sur images…). Passons, le sujet, rondement mené, n’est pas particulièrement original. Idem en ce qui concerne le personal branding (une démocratisation de ce que font les seigneurs médiatiques depuis des décennies ?).

Mais Emmanuelle Anizon, l’auteur de l’article, met le doigt sur ce qui est, à mon avis, une difficulté, ou au moins un écueil auquel les nouvelles formes de financement du  journalisme auront à se confronter. Et le plus tôt sera le mieux.

Il est question de financement par les lecteurs. Bien. J’applaudis des deux mains. De financement par des fondations (ou par l’État, en France). Bravo. Mais lorsque ce financement se fait sous la forme d’un pari, d’un ‘bon pour enquête’ donné au journaliste, par le ‘futur’ lecteur, se pose la question des sujets non-traités.

Avantages : les sujets ainsi créés intéresseront ceux qui ont payé pour, par définition. Ils collent aux intérêts de ces lecteurs-avant-l’heure. Ils peuvent être enrichis, en amont comme en aval, par ces mêmes lecteurs. Ils contribuent à faire sortir les journaliste de leur tour d’ivoire, et à retisser la relation avec le public.

Inconvénients : D’autres sujets, moins prometteurs, moins accrocheurs, mais tout aussi essentiels, ne trouvent  (trouveraient ?) pas de financement. Certes, tant que le mode de financement que j’ai décrit n’est pas prépondérant, cela fait finalement peu de différence dans le résultat, mais le risque est en germe. Ensuite, quid d’un sujet qui se révélerait être un cul de sac ? Les lecteurs sont-ils prêts à entendre l’échec ? Une enquête qui foire, on peut éventuellement la transformer pour en tirer des enseignements, mais sur la durée ? Sur un contrat (surement plus moral que juridique dans le cas qui nous intéresse) qui met en jeu la viabilité du média et la rémunération du journaliste ? Il s’agit sans doute d’un point à éclaircir. La dernière difficulté est, à mon sens, l’engagement des lecteurs. Soyons clairs, je ne considère pas le journalisme engagé comme une hérésie. Emmanuelle Anizon écrit que « Spot Us a déjà reçu plus de 40 000 $ de dons, bouclé plus de quarante sujets, essentiellement d’intérêt local et environnemental » (je graisse). Il faut se poser la question de la motivation des lecteurs, quand elle intervient en amont de l’enquête et de la rédaction. Certes, un lecteur est plus enclin à choisir le journal qui écrit ce qu’il veut lire (Libération plutôt que le Figaro par exemple), mais à partir du moment où son rôle financier ne se limite plus à la viabilité du média, mais à la création de l’information, il y a, non pas danger, mais des précautions à prendre. Lesquelles ? Je n’en sais rien. Mais si vous êtes financés par un groupe d’écologistes opposés à la construction de tel ou tel ouvrage d’art pour la préservation de leur petit rongeur préféré, mais que vos conclusions tendent à démonter leurs arguments, que faites-vous, en tant que journalistes ? De la pédagogie ? vous mettez de l’eau dans votre vin ? Vous les caressez néanmoins dans le sens du poil ? Vous recommencez votre enquête, autrement ?

Bien sûr nous n’en sommes qu’à des hypothèses. Mais plus tard, quand ce sera votre quatre-heure qui dépendra de la réponse, que ferez-vous ?

Je suis heureux de ne pas avoir à donner de réponse. Pas aujourd’hui, pas encore…

Ps : en me relisant, je vois que l’espace dévolu aux inconvénients est plus grand que celui des avantages. Soyons clairs, je considère a priori ce phénomène comme une bonne chose, et du coup, ce qui me pose le plus de questions sont ses limites.

chronique de lecteurs

11 janvier 2010

Chronique de lecteurs : la haine ordinaire

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Eh oui comme souvent ce sont les cris de haine qui se font entendre le plus fort et qui s’expriment avec le plus de véhémence. La mort d’un jeune lycéen du Kremlin-Bicêtre relance une énième fois les débats sur l’immigration, les couteux, et la violence de la jeunesse (quand ce n’est pas « d’une certaine jeunesse »). […]

Eh oui comme souvent ce sont les cris de haine qui se font entendre le plus fort et qui s’expriment avec le plus de véhémence.

La mort d’un jeune lycéen du Kremlin-Bicêtre relance une énième fois les débats sur l’immigration, les couteux, et la violence de la jeunesse (quand ce n’est pas « d’une certaine jeunesse »). Les messages de compassion ou les rappels pour dire qu’au fond, tout cela n’est guère nouveau, et que la nouveau consiste plutôt en un traitement médiatique particulier et une récupération politique.

La mort de Mano Solo semble émouvoir. Des messages de fans de longue date ou de gens qui découvrent son œuvrent. Et louent son courage face à la maladie, sa voix, son obstination et la poésie de sa musique.

Bertrand Cantat a moins chance. Livré à la vindicte populaire, il serait responsable du suicide de son ex-femme à lire certains commentateurs. Aucune compassion, c’est lui qui fait l’objet de la haine. La vie de Kristina Rady suscite peu d’intérêt, et si quelques bonnes âmes plaignent les enfants, c’est souvent pour rappeler les erreurs du père.

Enfin, le feuilleton de ces derniers jours autour de l’attentat contre le bus des joueurs togolais donne tu grain à moudre à tous ceux qui fustigent les “civilisations primaires” d’Afrique, mais aussi la fédération togolaise de football ainsi que les sommes investies qui interdisent d’annuler la compétition. Même si globalement la décision des joueurs du Togo de continuer la compétition est saluée, beaucoup n’y voient que le résultat des pressions exercées à haut niveau.

Rappelez-vous : ON NE NOUS DIT PAS TOUT !

chronique de lecteurs

1 janvier 2010

Chronique de lecteurs du Nouvel an

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Comme je le disais précédemment, les fêtes sont une période relativement creuse, mais je m’aperçois que la majorité des commentaires se concentrent sur quelques rares sujets. Pour des résultats particulièrement intéressants. La censure de la taxe carbone par le Conseil constitutionnel a de ce point de vue été exemplaire. À part quelques rares écologistes qui […]

Comme je le disais précédemment, les fêtes sont une période relativement creuse, mais je m’aperçois que la majorité des commentaires se concentrent sur quelques rares sujets. Pour des résultats particulièrement intéressants.

La censure de la taxe carbone par le Conseil constitutionnel a de ce point de vue été exemplaire. À part quelques rares écologistes qui y voyaient la fin de la lutte contre le réchauffement climatique, la majorité des lecteurs qui se sont exprimés étaient ravis. La nouvelle a été accueillie de différentes manières : pour certains, ce « nouvel impôt » ne verra pas le jour, le CC étant opposé à l’idée d’une nouvelle taxe. Pour d’autres, ce sont Chirac (sic, il ne siégeait pas) et Debré qui se sont prononcés contre Sarkozy. Un nombre impressionnant de commentateurs  jugent cette taxe carbone injuste, par son principe, et semblent ignorer toutes les motivations de Conseil constitutionnel.

Quant aux journalistes de France 2 (ou 3 ?) enlevés en Afghanistan, on peut surtout lire que c’est de leur faute, qu’il était tout à fait prévisible que ce genre d’évènement se produise. Peu de voix s »élèvent pour rappeler qu’ils risquent leur vie pour informer ces mêmes lecteurs en France. Certains poussent l’indécence jusqu’à prétendre que les journalistes ont fait exprès de se faire enlever, que leur libération va coûter cher au contribuables, et qu’au final les disparus seront gagnants grâce aux drotis des livres et films qu’ils tireront de leur expérience.

Le triste fait divers du meurtre par les vigiles du SDF qui avait volé une bière au Carrefour de la Part-Dieu est celui qui mobilise le plus en ce 1er janvier. La réprobation de comportement général des vigiles domine, beaucoup racontent leurs propres mésaventures. Quelques accès de haines surviennent, certains contre ces vigiles, étrangers forcément (des “Mustaphas” et des “Mohamed” [sic et re-sic]), mais aussi contre le SDF, voleur, bon à rien et j’en passe. Une petite partie des lecteurs s’indigne même du soutien dont le jeune homme décédé (25 ans) fait l’objet, ceux-ci conspuant les “bobos” “bien-pensants” et l’idéologie soixante-huitarde. Bien sûr.

Enfin, une nette tendance politique est celle du désamour de Nicolas Sarkozy. Ces vœux n’ont même pas convaincu tous ses partisans, et il se trouve peu de personnes pour prendre son parti, même sur le Figaro.fr où la critique du chef de l’État domine désormais largement. Il est réellement surprenant de ne trouver presque plus personne pour soutenir le parti majoritaire ou placer son espoir et sa confiance en Nicolas Sarkozy.

Bonne année et n’oubliez pas, “on ne vous dit pas tout !”

cinéma

28 décembre 2009

Mieux vaut Avatar que jamais ?

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Je sors d’Avatar en 3D à l’Event Cinemas de Sydney. Et franchement, je suis plutôt perplexe. Je n’avais pas d’énormes attentes sur le film. J’en avais entendu du bien certes, mais aussi du moins bien . J’espérais être ravi, je craignais d’être déçu, je ressors mitigé. Je le dis d’emblée, ce n’est pas un mauvais […]

Je sors d’Avatar en 3D à l’Event Cinemas de Sydney. Et franchement, je suis plutôt perplexe. Je n’avais pas d’énormes attentes sur le film. J’en avais entendu du bien certes, mais aussi du moins bien . J’espérais être ravi, je craignais d’être déçu, je ressors mitigé.

Je le dis d’emblée, ce n’est pas un mauvais film, mais…

Mais voilà, ça passe pas, la magie n’a pas lieu.

Des personnages stéréotypés d’abord : les gentils bleus sont des copies des Gungan de Star Wars mâtinés de Schtroumpfs. Ni beaux ni moches, un gros nez, pas de gueules cassés, quelques emplumés, pas de quoi en faire des anti-héros marquants. Le méchant quant à lui sort tout droit de G.I. Joe.

Une faune qui n’invente rien : encore une fois la comparaison à Star Wars s’impose, et pas en faveur de Cameron : on sent le délire de l’équipe artistique, mais pas la créativité. Dommage.

Le scénario enfin paraît à tout le moins bancal, pour ne pas dire indigent. On s’emmerde grave pendant les 90 premières minutes. La deuxième moitié du film, si elle nous empêche de regarder notre portable à tout bout de champ en faisant la part belle à l’action, nous plonge dans la gêne. Facilité narrative et dégoulinades de bons sentiments.

Et puis je vous ai pas parlé de la 3D… Alors c’est ptet que j’étais sur le bord de la salle et pas au milieu, mais franchement ça pique les yeux. Entre les flocons-de-neige et les cendres-qui-pleuvent-c’est-triste-mais-c’est-poétique et qui font cligner de l’œil alors que c’est à 20 m sur l’écran, et les plans qui font flou parce je sais pas pourquoi, eh bien c’est pas super super agréable.

Mais surtout, on ne peut se départir de l’impression d’avoir à faire à une intro de jeu vidéo. D’ailleurs, on dirait que tout le film est construit en pensant déjà aux produits dérivés, genre “t’imagines, le jeu vidéo aura exactement le même aspect que le film !”. Tant mieux pour ‘crosoft et Sony, mais c’est même pas beau et ça ressemble pas à un film.

À part ça on ne boude pas non plus complètement son plaisir, mais comme le disait un ami avec qui je suis allé voir le film : “c’est un bonbon !” : très sucré, parfum artificiel, c’est un petit plaisir qu’on s’accorde, mais à la fin, il n’en reste pas grand chose.

Ça va mieux en le disant !

Cette pauvre tentative de critique ciné est maintenant terminée, vous pouvez reprendre une activité normale.